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Institute for Research in Social Sciences and Politics

La NCHR exige la libération immédiate des détenus de Guacimal

Posté le 25 juin 2002 - Haiti Press Network

La Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens (NCHR en anglais) demande la libération immédiate et sans condition des personnes arrêtées le 27 mai à Guacimal, lors des incidents enregistrés dans la 3e section communale de
Bouyaha,commune de St-Raphaël

Des paysans s'étaient alors affrontés et avaient provoqué la mort de deux personnes. Six autres avaient été blessées à l'arme blanche.

Selon le rapport de l'enquête faite par la NCHR, le pouvoir en place, par le biais de son Secrétaire d'Etat à la Communication, M. Mario Dupuy, avait voulu faire croire que des assaillants avaient attaqué des terres et des biens privés dans la zone, alors qu'il s'agissait d'une manifestation de paysans syndiqués qui réclamaient de meilleures conditions de travail et qui avait tourné en drame. Selon la NCHR, aucune arme de gros calibre n'a été trouvée sur les lieux ni utilisée au cours de l'affrontement, mais elle reconnaît que trois personnes, un CASEC, un ASEC et un membre du syndicat ont fait usage d'une arme de poing au cours des échanges. Mais ces trois individus ne disposaient pas de munitions suffisantes et ont dû déposer les armes sans que cela ne change pour autant le cours des événements.

Lors d'une conférence de presse donnée mardi à Port-au-Prince, les responsables de la NCHR ont également dénoncé la tournure politique qu'ont pris les incidents avec l'intervention du gouvernement dans une affaire qui
n'impliquait que deux groupes de paysans syndiqués entre lesquels un malentendu a surgi.

Selon Viles Alizar, membre de la Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens, la politisation de la question vient du fait que parmi les onze personnes appréhendées quatre heures après les incidents, seuls les deux journalistes ont été libérés. « Les journalistes ont été libérés parce que la presse a une influence sur le pouvoir, les pauvres paysans croupissent encore en prison », a-t-il déclaré.

Il a encore indiqué que l'état de santé de ces personnes se détériorait de jour en jour parce qu'elles n'avaient pas accès à des soins, encore moins à leurs juges naturels. Enfin, les avocats de Port-au-Prince ne peuvent pas intervenir dans leur cas parce que l'affaire ne relève pas de la compétence de leur juridiction.

En ce sens, les responsables de la NCHR demandent la dépolitisation du dossier de Guacimal, la libération des personnes détenues arbitrairement au pénitencier national, l'identification et l'arrestation des assassins des deux personnes tuées lors des affrontements, ainsi que des agresseurs des six autres hommes blessés. La NCHR exige également la reprise des négociations entre la direction de l'usine de Guacimal et les paysans, sous les auspices du Ministère des Affaires Sociales, un plus grand engagement de l'état dans l'établissement de structures de bases par la construction d'établissements scolaires, de routes, de dispensaires, etc., afin de diminuer les causes de tension entre la population et les responsables de l'usine dans la zone de Guacimal.

RJ/WB/CR