LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION ET BETONNAGE DES ESPACES VERTS A LA FRONTIERE
Note de presse
29 août 2002
A l’occasion du Sommet Mondial sur le Développement durable ouvert en Afrique du Sud, le 26 août 2002, embrassant des thèmes-clé comme la désertification et la population, le GARR et la PAPDA prennent acte de l’intérêt manifesté par le gouvernement haïtien autour de cette problématique.
Le GARR et la PAPDA s’interrogent, toutefois, sur le sens de l’engagement du gouvernement qui, depuis avril 2002, a opté pour un processus de désertification de la plaine agricole de Maribahoux, à la frontière du Nord-Est, en ouvrant la voie au bétonnage de cet espace vert pour l’implantation d’une zone franche textile, sur près d’une centaine de carreaux de terre. Déjà, au cours des préparatifs de la cérémonie d’inauguration du projet, le 8 avril 2002, des arbres avaient été abattus et des champs de maïs complètement rasés pour dégager une piste d’atterissage pour l’hélicoptère présidentiel.
L’inquiétude du GARR et de la PAPDA est d’autant plus grande que le projet de bétonnage de la plaine de Maribahoux n’est que le premier d’un long chapelet de zones franches envisagées à la frontière, avec en perspective, un déboisement systématique depuis Ouanaminthe jusqu’à Anse-à-Pitres, sur plus de 350 kilomètres, en vue de l’établissement de ces unités industrielles.
Pourtant, la République Dominicaine, par la voix de son ambassadeur accrédité à Washington, Hugo Giuliani Cury, considère déjà comme épuisée la voie du développement par les zones franches.
«Dans la perspective d’un accord commercial avec les Etats-Unis d’Amérique, le futur de la République Dominicaine réside dans l’agro-industrie parce que les zones franches et le tourisme sont des voies épuisées » révélait le diplomate au quotidien dominicain, HOY, dans son édition du 28 aout 2002.
Haïti étant, au dire des statistiques internationales, le pays le plus abîmé de la Caraïbe, du point de vue environnemental, le GARR et la PAPDA exhortent les responsables haïtiens à réviser leurs options de destruction de la plaine fertile de Maribahoux ainsi que d’autres aires frontalières et prioriser le bien-être et les intérêts vitaux de la population, élément fondamental de tout projet de développement humain durable.
La frontière haïtiano-dominicaine, avec ses ressources en eau, végétation, éco-systèmes variés et pratiques agraires et culturelles spécifiques, reste un patrimoine commun aux plus de 16 millions d’Haïtiens et de Dominicains sur l’île. « Jeter des tonnes de béton dans la plaine de Maribahoux, en Haïti, dans le voisinage de la Rivière Massacre et implanter une usine textile avec l’éventualité du déversement de produits chimiques, aura un effet perturbateur sur l’équilibre écologique de la zone, tant du côté haïtien que du côté dominicain», affirmait, en juillet 2002, l’éducatrice dominicaine Maxima Pen;a, coordonnatrice d’un camp écologique annuel pour jeunes haïtiens et dominicains.
Le GARR et la PAPDA encouragent fortement le gouvernement haïtien à tenir compte des prescrits de la Constitution qui stipule en son article 253 : « L’environnement étant le cadre naturel de vie de la population, les pratiques susceptibles de perturber l’équilibre écologique sont
formellement interdites».
Colette Lespinasse
GARR
Camille Chalmers
PAPDA
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