Coin de Reflexion
Quelle élite haïtienne?
Le Nouvelliste, 27 octobre 2005
(Texte brut)
Rose Nesmy Saint-Louis
rose@bicentenaire.com
Je me suis référé dans certains de mes articles, à maintes reprises, à l'élite économique haïtienne. Mes lecteurs, dubitatifs quant à l'existence même de cette catégorie d'haïtiens qui seraient au-dessus de la racaille, m'interrogent: existe-t-il une élite haïtienne? Dans cette question se reflètent la fabrique sociale du pays, la perception des haïtiens de leur environnement socioéconomique et culturel, et leur dégoût des gens qui se croient distingués. La nation, se regardant dans le miroir de la hiérarchie sociale, s'indigne et veut fouler aux pieds sa tête. Qu'en est-il réellement de la "crème de la crème"controversée de notre société?
Un avertissement: ma réflexion, axée sur un phénomène social, n'est pas adressée particulièrement à chaque individu appartenant à ladite élite haïtienne; il y existe quelques rarissimes personnes d'une finesse socioculturelle remarquable.
Partons du caractère polysémique du mot élite. J'emprunte d'abord au dictionnaire Le Petit Robert cette définition: ensemble des personnes considérées comme les meilleures, les plus remarquables d'une communauté. Pour Hippolyte Taine, historien, philosophe libre penseur, grand explorateur de l'histoire de l'art et d'esthétique, l'élite est peuplée de ceux qui, dans une société, "ont des lumières, de l'aisance et de la conscience". Nobert Elias, le géant allemand de la sociologie, le premier à étudier systématiquement le développement de cette couche sociale "supérieure" en Europe, la voit comme porteuse de progrès et de civilité. En somme, je constate que les membres de l'élite cherchent toujours un style de vie compatible avec leurs idéaux élitaires capsulés dans une quadruple exigence: l'argent, le prestige, le perfectionnisme et la promotion de la civilisation. Peut-être est-ce pourquoi Friedrich Nietzsche, le philosophe le plus élitiste de l'histoire de la philosophie, conçoit l'homme ou la femme de l'élite comme le fruit d'une "volonté de puissance" engendrée par sa grandeur d'âme et d'esprit, son amour de la liberté et sa haine de la médiocrité. L'appellation évoque forcément l'éminence, l'esthétique, l'élégance, le raffinement, la distinction, la supériorité, la vertu, la volupté et la légèreté de l'être et de l'esprit.
Une élite au niveau du sous-développement du pays
Il importe aussi de rappeler que l'élite est essentiellement protéiforme, qu'il y a une corrélation entre ses membres et le niveau de développement socioéconomique et culturel de sa société, et que ses responsabilités sociales et "civilisatrices" dépendent de sa force économique, intellectuelle, spirituelle et morale. Je me pose donc en thuriféraire de l'accusée: il existe en Haïti, à la limite, une élite en voie de dégrossissement. Mais il est difficile de la cerner dans la définition européenne du terme. Je défendrai mon point de vue à travers mes propres observations:
Dans le contexte haïtien le plus simpliste, le vocable désigne un espace géographique, la richesse et l'interférence linguistique français-créole: l'haïtien riche habitant une grande maison située dans un quartier relativement huppé, coiffé d'un bidonville, dans les hauteurs de Port-au-Prince, et qui, pour exprimer son appartenance sociale, commence toujours ses conversations en français pour les clore en créole. En effet, dans cette microsociété, l'haïtien ne commence jamais un dialogue en français pou l pa fini l an kreyòl. Mais voulant nier la beauté des locutions créoles - une source intarissable de jouissances verbales - l'élite y voit la ténacité d'une langue maudite inventée par des esclaves africains.
Il n'est pas recommandé de chercher l'élite haïtienne dans les arts, vous ne la trouverez jamais. Incapable d'apprécier l'intersémiotique des arts, la communication entre eux et le langage des profondeurs humaines, l'élite ne se distingue socialement que par un ramassis pédantesque, un bric-à-brac culturel mal assimilé. Elle n'a pas un devoir de mémoire envers la société déclinante dont elle fait partie. L'histoire et le patrimoine culturel du pays lui font une frayeur. Les musées du pays sont pour elle des lieux tristes qui font penser à l'unitile force créatrice des oisifs, aux remords collectifs des aigris, aux dégénérés de la société: les honorables artistes qu'elle considère comme des rêveurs pénitents, des abrutis pauvres refusant de croire dans la force brute de la société aride qu'elle représente. Elle ne s'interesse qu'à la valeur marchande des beaux arts. La peinture? Elle est incapable d'y voir la communication iconique entre l'artiste, son environnement et son monde intérieur. Elle ignore le contenu et la substance du contenu de l'expression artistique. Celle-ci n'a pour elle qu'une fonction décorative. La perfection du paysage architectural du pays est son retranchement dans des châteaux forts ostentatoires, bien bétonnés, dépourvus de poumons végétaux, où l'on ne respire, derrière les murs illusoirement protecteurs, que l'odeur du dollar-tout-puissant. Elle est allergique à toute solidarité humaine. Elle vit dans la superficialité la plus plate et la pauvreté culturelle la plus abjecte.
La distinction intellectuelle? Un simple diplôme universitaire au rabais, voire même un certificat de fin d'études secondaires, donnent d'emblée à l'haïtien le droit d'appartenance au "nirvana" intellectuel. S'il est capable de bien rabâcher les rapports des organisations internationales, qui souvent s'éloignent des profondes réalités du pays, il est un potentat intellectuel à vie. Toutefois, on n'a pas besoin d'une montagne de brevets de compétence ou de diplômes pour s'initier aux choses de l'esprit, mais de la rigueur, de la discipline, de la productivité, de la curiosité et de la profondeur intellectuelles. Ces qualités ne s'acquièrent que par la production et la soif inextinguible de l'interrogation de soi et de son environnement. Il n'y a qu'une poignée d'haïtiens, issus majoritairement de la classe moyenne, chez qui prédomine la vie intellectuelle productive. Ils sont les "princes" du savoir qui appartiennent à la petite et fragile "noblesse" intellectuelle du pays. Cependant, ne s'engageant pas tous réellement dans la fortification intellectuelle de la société, ils ne constituent pas un phare pouvant guider le pays vers l'exquisité de la connaissance inhérente à toute élite intellectuelle.
S'agissant de la politique, j'ai eu l'opportunité d'interroger des haïtiens de l'élite et d'autres couches sociales. Surprise: même les personnes les plus "élitistes" s'en prennent à l'élite. Voici le résumé de leurs descriptions de ceux qui se trouvent au haut de l'échelle sociale: un clan d'individus aussi fortunés qu'arriérés, culturellement pauvres, brutalement matérialistes, bêtement égoïstes, apatrides, ayant une haine et une peur vissérales du peuple, une vision étroite de l'économie haïtienne et une perception très limitée de la nation. Cette indignation et ce coup de colère qu'ont exprimés les personnes interrogées me renvoient au sentiment d'amertume ressenti par l'haïtien devant sa propre société. Quant à la classe politique, l'haïtien n'y voit qu'un groupuscule de politicards se lançant à la conquête du pouvoir pour s'enrichir. Est-ce une exagération? Je l'espère.
Il n'y a aucune différence entre les perceptions sensorielles (olfactives, visuelles et auditives) de l'élite et celles des masses. Elles circulent aisément à travers les mêmes rues puantes de Port-au-Prince. La destruction physique du pays se produit sous leurs regards insouciants. Elles acquiescent aux mêmes propos mensongers adressés à la nation: les haïtiens sont sous-capables, intrinsèquement méchants, anarchistes et barbares. La même observation vaut, et combien plus, pour les activités culturelles, les habitudes alimentaires, les détails vestimentaires et le comportement social de la classe moyenne et de l'élite. Elles se perdent dans les mêmes plaisirs dévergondés. Un simple exemple: elles ne cherchent pas, contrairement aux danseurs de rythmes folkloriques, la chorégraphie et la complexité du langage du corps emporté par la musique. Elles se limitent aux mêmes "yayad", ces tours de reins monotones sous la cadence des mélodies dénigrant souvent les femmes-piliers d'Haïti. Elles conduisent, en voitures de luxe ou en taps-taps, avec la même irresponsabilité, la même impolitesse et la même rage animalière. Sans retenue, lorsqu'elles sont surprises dans leurs comportements débridés, elles lancent des injures en rafales, avec la même crudité obscène. L'élite haïtienne n'exige aucune autocontrainte morale. Son irréductible singularité n'existe que dans l'argent. On ne peut effectivement parler en Haïti que d'une élite économique.
J'étais une fois semoncé pour avoir osé dire crûment une mortifiante vérité. Je n'ai aucune crainte de la répéter ici: l'élite haïtienne refuse, inconsciemment, le développement et s'adapte confortablement au sous-développement. Face aux graves problèmes infrastructurels du pays (les routes, l'électricité, l'eau…), elle a recours à l'importation de véhicules tout terrain, aux génératrices et inverseurs électriques privés, et au commerce détaillé de l'eau. Face au défi de l'insécurité, elle opte absurdement pour la privatisation de la sécurité des biens et des citoyens: un pistolet par personne, un garde du corps par gros richard, un vigile par château et une foule d'agents inaptes de sécurité par entreprise. Atteinte de myopie sociale, l'élite économique a développé carrément une approche individualiste de la crise nationale, un sauve-qui-peut individuel conduisant à un suicide social collectif. Prudence: il ne revient directement à aucune élite de créer les infrastructures économiques et le climat d'investissement de son pays. Cependant, elle se donne toujours pour devoir de détenir ou d'influencer le pouvoir pour le progrès national.
Tout en laissant aux sociologues l'autorité d'étudier la sociogenèse du phénomène, ma curiosité m'incite à me poser une question et en chercher la réponse: comment expliquer le comportement combien décrié de cette élite économique vis-à-vis du pays?
Les origines de la malformation
Les problèmes de l'élite remontent à ses propres origines: la construction de la nation et de la société haïtiennes au lendemain de l'indépendance. Etant donné l'analphabétisme littéraire, politique et économique qui sévissait dans la société esclavagiste, un petit groupe d'individus, majoritairement fils de colons, s'est transformé et posé facilement en héritier politique, culturel et économique des maîtres. L'élite haïtienne originelle n'est pas donc la résultante de l'accumulation du capital socioculturel et économique, de la cocurrence sociale et de l'exploit d'une catégorie d'individus ayant le goût du risque. Au contraire, elle, avec tout son complexe d'infériorité vis-à-vis du blanc, a spontannément vu le jour avec la déclaration de l'indépendance. Elle est née et s'est développée avec l'Etat haïtien dont elle a gardé le monopole pendant plus de 125 ans. Cette symbiose Etat-élite a provoqué la militarisation d'une partie de l'élite à travers l'accumulation entre les mains des généraux de la guerre de l'indépendance, et de celles de leurs familles, du pouvoir de disposer des biens du nouvel Etat. Celui-ci, le premier Etat communiste de facto de l'histoire, possédait quasiment la totalité des moyens de production du pays. La première élite d'Haïti n'avait pas gagné son "honneur" à travers la conquête du monopole de puissance sociale, mais la confiscation de l'hégémonie sociale, économique et politique des colons français.
Quand le pays a éclaté en deux Etats après la mort de Jean-Jacques Dessalines, en 1806, le royaume du nord du roi Henri Christophe et la république d'Alexandre Pétion, la configuration ethnique de l'élite nationale s'est clairement dévoilée: les noirs foncés du royaume et les noirs à la peau claire de la république. Ces derniers, grâce à leur aveugle fidélité à la France, aux retombées culturelles de l'esclavage, et à leur "bonne" conduite vis-à-vis des puissances étrangères racistes du XIXe siècle, sont sortis vainqueurs de la confrontation sociale. Le royaume, le premier et le seul gouvernement progressiste qu'ait connu le pays, a été conquis et humilié par Jean-Pierre Boyer, le pire des présidents d'Haïti. L'élite naissante de la cour royale, malgré sa discipline, son sens de responsabilité sociale et son attachement à l'honneur imposés par le roi, est réduite en "simple" grande propriétaire foncière. Ainsi, la société haïtienne est tombée sous la tutelle d'une "bande" sociale sans idéal national, à laquelle les "bourgeoisies" provinciales sont attachées.
Il faut toutefois souligner que, contrairement aux mythes, tout haïtien à la peau claire n'appartenait pas à l'élite, et que celle-ci n'était pas exclusivement le domaine des haïtiens "mulâtres". On n'a qu'à regarder certaines poches de pauvreté dans le pays (à Bainet, à Port-Salut, à Fond-des-Blancs, à Casal, aux Cayes, etc), où croupissent des miséreux à la peau très claire, pour mieux comprendre l'absurdité du mulâtrisme et du noirisme.
Puis sont venus s'ajouter à l'élite originelle des petits aventuriers-marchands européens, vaincus des combats socioéconomiques de leurs pays. Ils sont arrivés en Haïti, véritable paradis des préjugés de couleur où les petits blancs sont rois. Plus tard, des arabes, surtout chrétiens, persécutés par l'Empire ottoman, ont débarqué dans le pays. Ces derniers, redoutables travailleurs, armés d'une culture marchande plus ancienne que la bible, se sont battus impitoyablement pour se créer une place à la tête des bataillons du régiment socioéconomique du pays. Ils me font penser à la rage de réussir, propre à tout groupe d'immigrants ou de fils d'immigrants, à nos soeurs et frères haïtiano-américains et haïtiano-canadiens qui bousculent tout afin de bien se positionner dans leurs sociétés d'accueil.
Nous avons beaucoup à apprendre de nos courageux compatriotes haïtiano-arabes dont les ancêtres avaient été rejetés par l'élite haïtienne à leur arrivée au pays à la fin du XIXe siècle. Ils étaient les premiers, malgré leur tribalisme, à développer de profondes relations commerciales dans et avec les masses. Celles-ci, dont les ancêtres furent des esclaves, des êtres déshumanisés ramenés à l'état de marchandises, n'avaient pas hérité d'une culture économique competitive, mais d'une culture de survie basée sur la solidarité des faibles. Face aux marchands chevronnés, ils devaient se débrouiller seuls, sans les supports de l'Etat, pour saisir le savoir-faire et la brutalité du jeu économique, et se transformer en une véritable sous-classe marchande laissée-pour-compte: les "madansara". Disons, en passant, qu'il est dangereusement irrationnel de poser le problème socioéconomique du pays en termes de complot ethnique arabo-mulâtre et blanc contre les masses. L'Etat fut et demeure le premier responsable de la catastrophe socioéconomique du pays.
Les racines de l'élite sont donc profondes et multiples. Elle galope, depuis deux siècles, sur le long sentier de l'histoire du pays, un terrain social marécageux. Elle a toujours su trouver sa voie en fomentant ou supportant tous les coups d'Etat perpétrés dans le pays, de l'assassinat de Jean-Jacques Dessalines au coup d'Etat de velours contre le dictateur Jean-Bertrand Aristide. Elle a survaicu, de façon profitable, toutes les occupations étrangères connues par le pays, de l'occupation américaine aux occupations onusiennes. Elle a accumulé au fil des années du capital sociopolitique et du savoir-faire politicien le plus fin du pays. Elle a toujours été le meneur de jeu les plus astucieux de la politique haïtienne. Aujourd'hui, face à son destin, elle veut poursuivre son chemin, même si le pays se trouve dans une impasse. Grâce aux mariages intra-ethniques, aux ruses sociales, à sa détermination de courtiser le pouvoir, d'amadouer les ambassades et les organisations internationales, elle se croit capable de protéger sa supprématie. Elle a toutes les raisons du monde pour se dire naturellement invincible. Mais attention: le pays d'Haïti-Thomas a profondément changé.
L'élite face à une nouvelle Haïti
L'accroissement de la population, l'intellectualisation d'une couche de la classe moyenne, la réussite socioéconomique de la troisième génération de la diaspora haïtienne et la mondialisation ont rendu difficile le maintien du statu quo hégémonique de l'élite. La société est désormais ouverte aux compétitions intellectuelles, culturelles, économiques et politiques de tous les haïtiens et des étrangers. Le pays a connu de profonds bouleversements sociaux. La nation haïtienne défie aujourd'hui l'élite en dévoilant les mythes sur lesquels elle est fondée. Les haïtiens ne se mesurent plus financièrement, culturellement, politiquement et socialement à l'aune de l'élite. La diaspora est leur rempart financier. Les masses constituent le vrai levier du pouvoir dont les Etats-Unis assurent l'arbitrage par le biais de l'Organisation des Nations Unies (ONU). La culture populaire américaine et les "racines" prévalent contre la francophilie élitiste. Nous vivons dans une société qui cherche son cap et dont l'élite a longtemps perdu le gouvernail. Tel est le plus radical déplacement du rapport des forces agissantes de la société depuis l'indépendance.
Dans toute société où s'installe une telle dynamique concurrentielle, l'élite, si ses ambitions se limitent à conserver ses acquis sociaux, s'expose inévitablement à l'avilissement et l'humiliation. La future élite haïtienne sortira de la lutte décisive qui se déroule aujourd'hui entre les masses, les membres de l'élite traditionnelle et ceux qui se veulent modernes, la classe politique et les manipulateurs politiques étrangers. L'éclattement politique de l'élite économique haïtienne n'a jamais été aussi imminent. Elle, dans une tentative de métamorphose, se lance sur une nouvelle voie de la conquête du pouvoir politique passant par les masses.
Nous devons applaudir au réveil citoyen des haïtiano-arabes mettant un terme à leur traditionnelle politique sous-terraine ou en catimini. Ils exercent ainsi leur droit politique dans leur pays qui a besoin d'eux. Cependant, qu'ils réussissent complètement leur intégration sociale; qu'ils aillent sincèrement vers le peuple, sans arrogance et préjugé, pour le salut de la patrie commune. Joints aux noirs et aux "mulâtres" responsables, ils pourront aider à former un arc-en-ciel politique dans le ciel d'une nouvelle Haïti, pour la construction d'une société guidée par une élite digne. Il s'agit de la tendance lourde de l'histoire: toute vraie élite est porteuse de révolution ou d'évolution sociale.
Les personnes qui ne sont distinguées que par l'argent n'ont jamais eu, dans quel que soit le pays, l'élévation de la société pour vocation. La société haïtienne, face aux exigences internes et externes, facilitera le tamisage et l'amélioration de sa propre élite. Les concurrences sociales n'ont pas la fin du monopole des pouvoirs sociaux, économiques et politiques pour objectif. Elles sont les épreuves menant à l'accès à ce monopole en assurant la répartition équitable de ses fruits dans toute la société. Haïti accouchera, tôt ou tard, de la substance humaine longtemps attendue: des femmes et des hommes attachés au progrès. Etre intelligemment égoïste, c'est tout ce dont l'élite économique a besoin pour accélérer l'accouchement. Et la réalité ne sera plus une question qui nous exaspère tous: quelle élite haïtienne?

